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« Les samedis après-midi je me rendais au marché de Jadotville (50 kilomètres) car les indigènes du coin ne cultivaient pas les légumes européens. Nous avions bien essayé d’y aller ensemble mais le Directeur du Département des Mines dont dépendait alors Papy venait précisément faire la visite du siège à ce moment-là ! Peu lui importait que ce fut un après-midi de congé.
(nous avions été habitués dès notre arrivée en juin 1937 aux exigences de l’UMHK. Papy fit l’équipe de nuit au concentrateur de Panda et se rendait le dimanche matin au labo si des essais l’exigeaient. Mais tout cela nous paraissait normal)
Tous les matins, après le premier biberon, je me promenais dans la brousse à côté de la maison. J’y trouvais des fleurs et surtout des girolles qui proliféraient en saison des pluies, dans les sous-bois katangais. Les petits chefs des villages environnants nous apportaient, en gage de respect, des poulets vivants et quelques fruits. » |
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« Un jour j’ai acheté un jeune phacochère (cochon sauvage) à un indigène. Il vécut dans la cuisine, promenant son groin sur les pieds nus de nos domestiques. Il ne s’éloignait pas de la maison. Un jour cependant il trottina à toute vitesse, par le chemin que je suivais lors de mes promenades, et s’enfonça dans la forêt. J’ai supposé qu’il avait décidé de retrouver la liberté, mais pas du tout, il est revenu et a fait tous les jours sa petite expédition.
Nous avons vécu là quelques mois de bonheur total. » |
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« En 1940 est née notre Tchamoûka.
Peu de temps après sa naissance, en septembre 1940, Papy fut désigné comme directeur du siège de Kabolela où la mine de cobalt était en exploitation et où l’on avait construit un petit concentrateur. On y avait aussi bâti une dizaine de maisons en dur pour le personnel blanc et un camp pour les ouvriers noirs.
Pour ne pas perdre nos bonnes habitudes, nous nagions tous les jours dans le bassin, réservoir d’eau du concentrateur alimenté par la rivière Kabolela. Nous avions la visite hebdomadaire du Docteur C qui venait de Kambove pour s’enquérir de la santé des Noirs et des Blancs. Il se donnait la peine d’analyser l’eau de notre « piscine » ! dont les murs grouillaient d’escargots (les bilharzies se développaient dans les escargots). » |
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40-41 : Le bonheur |
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Et pourtant… la guerre venait d’éclater Je suis très fière de te montrer ici un document très particulier. C’est une carte-lettre envoyée du Congo en Belgique en 1940, peu après ma naissance. |
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En haut à droite le timbre du Congo oblitéré à Jadotville le 02/11/1940. En haut à gauche, sous l’adresse expéditeur, deux phrases écrites de la main de Papa en rouge, l’une en français, puis sa traduction en allemand : En-dessous, la censure du Congo Belge et le tampon de l’aigle allemande. Au milieu, le cachet de Lisbonne le 23/02/1941. Je ne sais pas à quoi correspond le numéro en bas à gauche et je ne sais pas quand mes grands-parents ont reçu cette carte. |
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Pour donner des nouvelles à leurs parents, Papa et Maman ont découpé ici un morceau de carton, l’ont plié en deux dans le sens de la largeur et l’ont laissé ouvert pour la censure. Le carton mesure 31 centimètres sur 13. Le premier volet est reproduit ci-dessous. La lettre est écrite bien serré pour en dire le plus possible, sur le deuxième et le quatrième volet. Sur le troisième volet sont collées quatre photos de bébé (moi !) sur un seul bord avec du ruban collant (pour que la censure puisse les soulever et vérifier dessous) |
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Pour m’écrire >>> |
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Ci-dessous, c’est moi , Tcham, qui reprend la parole : |
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Voyage vers le Katanga |
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Jadotville et Panda |
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Le bonheur |
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Pendant la guerre de 40-45 |
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1958 : les Grands Lacs |
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Le 11 novembre 1959 |
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La guerre du Katanga |