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« Papy fut rappelé d’Afrique du Sud et gagna Matadi. Là il s’embarqua pour le Nigéria. Le projet était que la Force Publique et les Anglais attaquent l’Afrique Occidentale Française (Dahomey, actuel Bénin) qui relevait du gouvernement de Vichy. Heureusement, peu avant l’intervention, elle se rallia au général de Gaulle et à la France Libre.
Après un long séjour au Nigéria et après bien des palabres d’état-major, il fut décidé que le contingent congolais gagnerait l’Egypte et le Moyen-Orient. C’est ainsi que bien des hommes s’embarquèrent sur l’Atlantique pour faire le tour de l’Afrique par le Cap de Bonne Espérance, l’Océan Indien et le Canal de Suez. Les autres conduisirent camions, jeeps et engins motorisés de toutes sortes, sur un trajet qui traversait l’Afrique d’ouest en est. C’est comme chefs de colonnes que Papy et Raymond participèrent à cette aventure. » |
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« Henri est né en avril 1943. Mes parents, grâce à Radio Léopoldville qui transmettait des messages en Belgique occupée, apprirent cette naissance quarante-huit heures plus tard, à leur grande surprise, car ils ignoraient que j’étais enceinte. Papy, perdu dans son désert, l’apprit deux mois plus tard lors de son arrivée à Ismaïla près du Caire. Le même mois, Suzette mettait au monde une petite fille, Betty. » |
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1942 : 1er congé, rappel de Papy et naissance d’Henri.
« En 1942, Papy et Raymond ont obtenu un congé de deux mois qu’ils passèrent en partie dans les usines de Panda et Shituru, pour remplacer les ouvriers blancs en grève ! Ce fut là la première et la seule grève de l’UMHK J’avais décidé d’avoir un autre enfant, en dépit de la guerre et de l’incertitude pour l’avenir. La jeunesse a heureusement de belles insouciances ! Nous sommes allés passer notre congé à Hout Bay en Afrique du Sud, province du Cap. C’était un voyage de quatre à cinq jours en train, plus confortable heureusement que celui d’Angola. La traversée des deux Rhodésies et de l’Afrique du Sud pour atteindre l’océan Atlantique ou l’océan Indien offrait des paysages riants et très divers. J’ai été frappée par la beauté des environs de Cape Town, région tempérée où l’on cultive la vigne et tous les arbres fruitiers. »
« La pointe du Cap, avec la célèbre montagne de la Table, ainsi nommée parce que le sommet est plat, se voyait depuis la mer, et ce point de repère important avertissait les courageux navigateurs des XVe et XVIe siècles qu’ils arrivaient enfin au bout de cet immense continent africain. C’est ainsi que fut donné le nom de "Cap de Bonne Espérance". Les premiers colons hollandais arrivèrent en 1652. Suivirent les huguenots français et bien d’autres encore. Ils occupèrent le sud du pays. En 1814 la région passa sous administration britannique. Les colons, peu désireux de s’y soumettre, émigrèrent vers le nord. Ils partirent avec des chariots tirés par des bœufs, et cette épopée appelée "Le grand Trek" n’a rien à envier à celle des Américains allant d’est en ouest pour trouver de nouvelles terres (mais celle-ci fut popularisée par de nombreux films hollywoodiens).
Cela n’apaisa pas les ambitions des Anglais, qui de 1899 à 1902 livrèrent une guerre victorieuse contre les premiers colons, les "Boers". Toute l’Afrique du sud actuelle *, comprenant les provinces du Cap, du Natal, de l’Orange et du Transvaal devint membre du Commonwealth.» |

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HOUT BAY, province du Cap (janvier 1942) Kogal Bay A gauche, le Big Lyon Head |
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41-45 : Pendant la Guerre (suite) |
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Mais hélas, guerre oblige, Papy fut bientôt rappelé. |
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Les voyages de Papy à travers l’Afrique
« Il revint donc du Nigeria à Jadotville en 1942 pour un congé. Il voyagea sur un transport de troupes jusqu’à Matadi. Rail jusqu’à Léopoldville. Le fleuve jusqu’à Port-Franqui et le train pour Jadotville. Retour au Nigéria par le même système. Pour revenir d’Egypte en 1944, il s’embarqua sur un transport de troupes qui, par le Canal de Suez et la Mer Rouge arriva à Beira au Mozambique sur la côte orientale de l’Afrique. De là, le train jusqu’à Jadotville. (Nous devions faire ce trajet en 1959 en sens inverse, sur un paquebot de luxe avec air conditionné !) Durant la guerre, bien des navires furent coulés. C’était le black-out à bord et les hommes entassés sous les ponts mouraient de chaud. Papy a dormi plus d’une fois sur le pont, roulé dans la couverture qui l’a suivi durant toute la guerre et qui existe toujours, presque en loques, dans le fond d’un coffre. Vous avez souvent joué dessus dans le jardin… » |
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