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Ce jour-là tout le monde s’y était mis : il fallait récupérer des bouts du pont pour les papas. Et nous les enfants, on avait même eu droit à la bière chaude… pour autant qu’on arrive à boire toute cette mousse ! La tête des gens à l’hôtel de Dilolo, quand ils nous ont vu défiler tous les dix, sales, noirs et collants ! Tcham |
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« Nous nous sommes embarqués sur le Patria, paquebot portugais qui fit escale d’abord à Madère puis, bien plus au sud, en rade de Sao Tome. Deux endroits intéressants, surtout Madère.
Arrivés à Lobito, c’est en voiture que nous avons fait les 1950 kilomètres qui nous séparaient de Jadotville. La malle cabine qui est aujourd’hui chez Marie-France faisait son premier voyage, arrimée sur le porte-bagages. Les innombrables ornières de la piste la projetaient en hauteur malgré les sangles, puis elle retombait lourdement sur le toit qui prit quelques bosses !
Entre Vila Lusa et Dilolo, nous nous sommes trouvés devant un pont en bois brûlé.
Je dois vous expliquer que la plupart des pistes dans ces pays sont surélevées pour éviter, dans la mesure du possible, qu’elles soient inondées en saison des pluies. Les ponts y sont nombreux pour permettre la libre circulation des eaux dans le « dembo » en contrebas, qui devient un marécage lorsqu’il pleut.
Raymond et Suzette nous suivaient à bonne distance, à cause de la poussière soulevée par les voitures. Les hommes, faute de pont, ont essayé de faire passer les autos dans le dembo et s’y sont ensablés. Nos essais infructueux pour en sortir auraient pu nous contraindre à passer la nuit tous les dix dans ce désert. Heureusement, deux bonnes heures plus tard est arrivée une équipe de cantonniers noirs. Durant la nuit, ils avaient vu de très loin sur ce haut plateau un feu anormal et s’étaient mis en route dès l’aurore, à pied bien entendu, avec leurs outils. Grâce à eux, nos voitures furent rapidement remises sur la piste. » |
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« Nous sommes arrivés à Dilolo, où un bain était plus que nécessaire. Nous avions essayé de mettre sous les pneus ensablés des bouts de bois du pont brûlé, aucune végétation n’étant à notre portée. De plus, assoiffés, nous avions ouvert des boîtes de bière bien chauffée qui nous sautait au visage et sur les mains. » |

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Il neigeait en arrivant à Jérusalem, oh merveille ! Ce temps inhabituel nous a fait nous habiller chaudement. Je n’oublierai jamais les "culottes de golf" de mon petit frère… comme Tintin, sapristi ! J’avais 13 ans et j’étais aussi très impressionnée, mon éducation religieuse chez les Bénédictines Missionnaires m’ayant très bien préparée à saisir la solennité et l’intensité des lieux que nous visitions. |
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Jérusalem était toujours sous contrôle palestinien. Nous étions logés dans le couvent des Pères Passionnistes (ce n’est pas une blague), ordre italien. Il était situé sur une colline, les chambres y étaient évidemment monacales, mais la table, et le vin fabriqué par les religieux, excellents. Du toit, on voyait la Palestine telle qu’elle était décrite dans la Bible, avec les bois d’oliviers, les pasteurs et leurs moutons, les doux vallonnements.
Je suis contente d’avoir vu ce pays à cette époque, car tout a bien changé depuis : les villes, les kibboutz, les cultures ont modifié complètement le paysage. La vieille Palestine a disparu.
Nous sommes allés jusqu’à la Mer Morte qui est à 400 m sous le niveau de la mer et dont la teneur en sel est si importante qu’aucune vie n’y est possible. Nous avons visité les Lieux Saints, bien entendu, mais Jésus n’était plus là pour chasser les marchands du Temple ! J’ai gardé une forte impression de ce court séjour en cet endroit chargé d’histoire. » |
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1953 : troisième congé : Israël -Belgique -France -Angola |
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« En juin, nous sommes partis pour Antibes avec mes parents. Tchamoûka s’est cassé la clavicule le jour de notre arrivée, ce qui avait plongé son papa dans un désarroi profond. [Il nous offrit d’ailleurs, aux enfants et à moi, un congé à Margate près de Durban en Afrique de Sud en 1954 : il trouvait que sa petite fille n’avait pas profité de la mer l’année précédente] » |
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On m’avait mis un système de caoutchoucs et de bandes qui me maintenait les épaules en arrière et le médecin m’avait fait garder le lit avec le bras étendu hors du lit, pour obliger les deux bouts cassés de la clavicule à se remettre l’un en face de l’autre. Je n’ai plus jamais entendu dire qu’on soigne ainsi une fracture de la clavicule ! |

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Le voyage aller. « Nous sommes partis à Pâques vers la Belgique par un avion SOBELAIR, qui fit escale à Karthoum (quelle chaleur !), au Caire, à Jérusalem et à Athènes. |
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