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« Vers Uvira, nous avons rencontré de grands Tutsi, vêtus de leurs longs pagnes, et conduisant les troupeaux de vaches à grandes cornes su typiques dans l’Urundi et le Ruanda.
Nous n’avons pas eu envie de nous arrêter à Uvira, car une belle route asphaltée (enfin !) se présentait devant nous dans la plaine de la Ruzizi. Mais l’horizon devenant très menaçant, nous avons décidé de nous arrêter à l’Hôtel Bambou pour manger. Il était 13 heures 30 et une pluie diluvienne s’est mise à tomber d’un ciel bien noir. Faire l’escarpement de la Kamaniola dans ces conditions, sans rien voir du paysage, ne nous a pas paru opportun. Nous avons donc décidé d’y loger au lieu d’aller jusqu’à Bukavu, distant de seulement 50 kilomètres.
L’Hôtel Bambou était une drôle de construction, genre colonial espagnol, avec un jardin en désordre plein de bougainvillées, de bambous, de singes, d’antilopes, de perruches en cages très bruyantes, et une piscine sale où Henri a nagé ! Nous avions deux chambres et une salle-de-bains vétustes, où les lézards se promenaient au plafond et où des volets en bois tenaient lieu de fenêtres, derrière des ferronneries garnies de treillis moustiquaires. Mais nous avions connu pire en Angola !
Le mardi 5 août, nous avons décidé d’aller jusqu’à Kisenyi après une petite halte à Bukavu pour poster notre courrier. Mais la route que nous avons trouvée ensuite, non seulement n’était plus asphaltée, mais ne faisait que monter, descendre et tourner. Impossible de rouler à plus de 40 kilomètres de moyenne. La conduite de la voiture était assez fatigante. La végétation était verte et touffue et, sur les crêtes, nous avions des vues remarquables sur le Lac Kivu et sur les collines.
Nous sommes enfin arrivés à Kisenyi au Ruanda après 1725 kilomètres de pistes et de routes parcourues en six jours. Les enfants avaient de temps en temps pris le volant et nous n’avions eu aucun incident majeur. Au retour, nous allions mettre quatre jours pour faire le même trajet. » |

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Vers le Lac Kivu |
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1958 : Voyage le long des Grands Lacs (suite) |
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Danseurs tutsi (photo P.Verger) |
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Kisenyi |


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Suite |
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Haut |
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« Kisenyi n’avait pas usurpé sa réputation. C’était un vrai petit paradis. Les fleurs, les palmiers, les oiseaux, sa situation au bord du Lac Kivu contribuaient à en faire un des plus jolis coins que j’aie connus. Nous avions du soleil, mais parfois des averses et les sommets des volcans étaient en général noyés dans la brume. Ce n’était plus le ciel tout bleu de la saison sèche katangaise. Le climat était très agréable.
L’Hôtel Bugoye comportait un bâtiment principal où se trouvaient la réception, le bar et le restaurant de style africain : poutres apparentes, peaux de zèbres et sagaies aux murs, énormes bouquets de fleurs. Les chambres consistaient en bungalows individuels dispersés dans le jardin. La première nuit, alors que nous étions si fatigués, nous en avons eu un logement juste à côté des cuisines, d’où bruit bien tard le soir et dès six heures le matin. Mon mauvais caractère ne me permettant pas d’accepter cela, nous disposâmes ensuite d’une très grande chambre et d’une vaste salle-de-bains au fond du jardin, et nous n’étions plus dérangés que par le chant des oiseaux.
A Kisenyi, en plus des plages, il y avait des terrains de tennis. Nous y avons fait connaissance de plusieurs personnes dont certaines avaient des bateaux, et, la solidarité africaine jouant, nous avions l’occasion de faire des promenades sur le lac, et Tcham et Henri s’exercèrent au ski nautique. La cuisine de l’hôtel était fine et soignée. Les patrons très sympathiques, Monsieur et Madame Willame, étaient des Montois installés là depuis neuf ans.
La voiture passa au garage. Elle fut dépoussiérée, lavée, vidangée. La lame de ressort fut changée (j’aurais l’occasion de reparler de ce garage SEDEC).
J’étais étonnée du nombre de touristes étrangers qui fréquentaient cet endroit. Un midi, nous eûmes trente Américains. C’étaient des voyages de groupe organisés par des agences, avec pour but principal le Parc National Albert. |
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