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« Nous sommes allés faire une promenade dans le Ruanda, "pays des mille collines". Il était très peuplé. Chaque lopin de terre était cultivé et les champs ascensionnaient les pentes. Les paysages étaient très beaux, avec de nombreux petits lacs et des forêts d’eucalyptus et de mimosas.
De Kisenyi à Ruhengeri, nous passions de 1450 mètres d’altitude à 2500 et arrivions ainsi sur le sommet où les eaux qui tombent du ciel coulent d’une part vers le Nil et la Méditerranée, et d’autre part vers le fleuve Congo et l’Atlantique. Ce fut une intéressante promenade de 240 kilomètres sur de bonnes routes.
Il y avait à ce moment-là deux éruptions de volcans au Kivu (Congo). Nous avons suivi Robert et Diane, étudiants d’E’ville et amis de Tcham, qui avaient une Volkswagen, et nous nous sommes approchés du Nyiragongo. C’est dans cette région que Haroun Tazieff acquit son amour de la vulcanologie (il était ingénieur géologue au service de la colonie). » |
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« Le Ruanda et l’Urundi sont peuplés par deux races très différentes : les Hutus au type négroïde qui sont les premiers occupants et les Tutsi qui sont des géants de près de deux mètres, très minces, avec des nez aquilins et un faciès qui rappelle les bas-reliefs égyptiens. Ils seraient venus du Nil , il y a plusieurs siècles, occuper le Ruanda et l’Urundi, y asservissant les Hutus. Maintenant bien des guerres tribales se déroulent dans ces deux pays (1993) » |
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Hélas ! Nous voici en 2004. La folie des hommes a décimé les populations, ruiné tous ces pays si beaux… J’ai le cœur gros. Tcham |
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1958 : Voyage le long des Grands Lacs (suite) |
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Le Ruanda |
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Le Parc National Albert (1) |
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« Le 19 août, nous décidons de quitter Kisenyi pour Mutwanga (Congo) qui se situe au pied du Ruwenzori (5119 mètres d’altitude), siège des derniers gorilles que nous ne verrons malheureusement pas. Nous sommes évidemment passés par la Ruindi dans le Parc National Albert. Nous avons vu des éléphants, dont un très gros, à dix mètres, un tout petit mignon, des buffles, des hippopotames par centaines, deux lionnes à 300 mètres, des phacochères, des cobs de Tomas, des waterbucks, des tops et j’en passe. Nous avons été logés dans un pavillon dans aucune commodité. Il y avait cependant un tourisme étonnant : Français, Italiens, Américains.
Sur le trajet notre tuyau d’échappement s’était détaché et brinqueballait fort ! La voiture consommait de plus en plus d’essence et nous devions souvent y remettre de l’eau. A l’étape H a plus ou moins rafistolé le tuyau. Malgré ces inconvénients nous étions contents de notre voyage.
Le 20 août nous quittions le camp de la Ruindi pour Beni vers le Nord. Nous avons commencé par l’escarpement de la Kabasha long de 17 kilomètres d’où nous avions des vues superbes sur les plaines de la Ruindi et de la Rutshuru. Puis, 100 kilomètres environ après avoir quitté les animaux sauvages , nous avons trouvé de verts pâturages où paissaient des vaches rousses et blanches. Les huttes, quelques bambous et les mimosas nous rappelaient que nous étions en Afrique et non dans une contrée verte et humide de l’Europe. Les grands changements d’altitude nous procuraient des paysages très divers. Nous avons traversé une forêt luxuriante où proliféraient les fougères arborescentes. Nous avons passé l’équateur à 2200 mètres d’altitude, sous un ciel noir et tourmenté. Nous avons même atteint 2600 mètres et de ces sommets nous avions une vue immense sur une infinité de montagnes qui se perdaient toujours plus loin à l’horizon dans les nuages. » |
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« Après Butembo, les bananeraies escaladaient les collines. Le journaliste Tom Marvel a appelé ce trajet "la Route de Beauté". A Beni, l’altitude était de 1170 mètres contre 1800 à Butembo où nous aurions voulu loger au gîte d’étape, mais c’était complet hélas. L’hôtel était vraiment moche et la nourriture infâme. C’était la première fois que nous mangions aussi mal.
Le lendemain, il nous restait 50 kilomètres à parcourir pour arriver à Mutwanga où j’avais prudemment réservé, vu l’afflux de touristes. La Route de Beauté avait du succès ! Ce trajet a fatigué "La Délicate", c’est le nom que nous avons donné à la voiture, car elle a consommé 18 litres aux cents. Henri a encore bricolé le tuyau d’échappement.
De Kisenyi à Beni nous avons fait environ 400 kilomètres, plus la promenade dans le Parc National. » |
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La Ruindi (Photo Pierre Gieling) |
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