Petite Blanche d’Afrique Noire

Zone de Texte: J’ai eu une enfance extraordinaire, au milieu de la nature et des grands espaces.
Tu trouveras peut-être que j’ai tout idéalisé dans mon souvenir… 
C’est possible, c’est même probable.
C’est le regard d’un enfant. C’est MON souvenir et je le partage avec toi.

           Je suis née en 1940 au Congo Belge, dans le Haut-Katanga, dans une ville qui s’appelait alors Jadotville*.

Magnifique pays au centre de l’Afrique, le dernier à avoir été colonisé dans ce continent.

Voilà un pays grand comme plus de quatre fois la France, quatre-vingts fois la Belgique, peuplé de nombreuses tribus noires.

Quoi qu’en pensent les anticolonialistes (qui sont très à la mode), c’est là une bien belle histoire belge qu’il faut replacer dans son contexte historique. Le colonialisme a apporté beaucoup de bienfaits, malgré aussi des méfaits, hélas

 

           Mes parents sont arrivés à la colonie en 1937, pleins d’enthousiasme et d’idéal. Ils avaient 25 et 19 ans.

Papa avait été engagé à l’Union Minière du Haut-Katanga comme ingénieur métallurgiste, dans cette région si riche en cuivre et autres métaux. Il y avait très peu de femmes, surtout de l’âge de Maman !     Voir Maman raconte...

* aujourd’hui, c’est la République Démocratique du Congo et la ville de Likasi.

<<<  Photo empruntée
     
à KISUGULU

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L’arrivée

 

Le Pays du Cuivre

           Dès la nuit des temps, il y avait au Haut-Katanga des "mangeurs de cuivre". Les indigènes produisaient ce métal selon tout un rituel avec l’aide de leurs sorciers.

On sait que la malachite était récoltée à fleur de sol par les femmes et les enfants. On jetait le minerai concassé dans des hauts-fourneaux rudimentaires et on entretenait le feu avec des soufflets en peau d’antilope. Cela s’accompagnait de chants et de danses. Et si les esprits étaient favorables, magie ! "L’eau de cuivre" se mettait à couler dans les tranchées.

 

           Plus tard les artisans raffinaient le cuivre dans des fours plus petits et fabriquaient croisettes et bracelets. Ces objets servaient de monnaie ; le cuivre qui arrivait au XVIe siècle jusqu’en Europe venait peut-être d’aussi loin ?

Malachite et croisette

           Et puis les Blancs sont arrivés avec toute leur science et toutes leurs techniques. Ils ont vite découvert que le sous-sol regorgeait de métaux, dont le cobalt et l’uranium, pour ne citer que ceux-là.

 

           Grâce à mon père, tous ces mots et tous ces minerais m’étaient familiers. J’aimais regarder les couleurs des échantillons et caresser les boules noires et brillantes du cobalt.

Les Mangeurs de Cuivre

        

 Minerai de cobalt

 Minerai d’uranium

Haut

L’arrivée et

le Pays du Cuivre

La ville et la brousse

L’enfance

L’adolescence

1960 : La déchirure