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La merveille, c’est d’exister. Il n’y en a pas d’autre. Christian BOBIN |
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2 mai 2002. On y va. Je dois remplacer les pièces défectueuses dans mon genou gauche (Le droit a déjà été réparé par le même chirurgien, le Docteur E.H.) Aventure douloureuse, mais c’est mon choix. " On n’est pas des mauviettes ", n’est-ce pas ? Je voudrais BIEN remplir les années qui me restent à vivre (je vais avoir 62 ans). J’envoie un mail collectif pour demander des forces aux proches et aux amis. Stef, mon cher kiné-ostéo et ami, sera présent pendant l’intervention. Merci, Stef, de ce magnifique soutien ! |
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3 mai. Brève rencontre. Le chirurgien a terminé la remise en état (Stef me dira son admiration) : merci, Docteur. On m’emmène en salle de réveil. Je ne suis pas endormie, j’observe tout ce qui se passe autour de moi. Nous sommes plusieurs, sur des brancards, branchés à des tas d’appareils, nus sous des blouses qui ne nous couvrent qu’à moitié. Il fait glacial. De mon côté, je lutte contre le froid et j’essaie de « me ravoir ». Qu’est-ce qu’ils sont durs, ces brancards ! |

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10 mai. Bien entourée. Le plus dur est passé. Je ne suis pas douillette, mais il y a eu des moments très difficiles (voir coup de gueule sur la douleur). Je suis à La Pinède. Le parc est beau, l’eau de l’étang est plus haute qu’en 2000. J’ai repéré Brigitte, mon adorable kiné, j’en reconnais d’autres, et le médecin, et les infirmières. Je retrouve mes marques, je suis comme un poisson dans l’eau. La salle de kiné est environnée de genêts à balai et de rosiers rouges. Couleurs et fragrances... on en a plein les yeux et le nez ! Le parfum des genêts envahit tout le Centre, je me dilate de plaisir. Un vrai bonheur. A toi qui me lis, je voudrais pouvoir envoyer quelques bouffées... |



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Aïe aïe aïe ! |
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On amène à côté de moi un grand brun à la moustache imposante qui me rappelle quelqu’un. Son réveil est plutôt difficile : il se lève, entraînant tout son harnachement, perdant la blouse… A cinq, ils ont dû se mettre pour l’immobiliser et le rebrancher ! Il finit par se calmer en reprenant conscience et bredouille des excuses aux infirmiers.
Soudain j’entends tout à côté sa voix grave : - On se connaît, je crois. Je le regarde : - Oui, mais d’où ? - La Pinède, salle de kiné. (La Pinède, c’est le Centre de revalidation où j’ai déjà été hospitalisée pour mon genou droit) - Ah, oui, vous êtes Rémy ! Vous m’avez soignée en 2000 … Il me raconte le tendon de son bras, je lui raconte mon deuxième genou, on papote un peu et je conclus : - On pourra dire qu’on s’est réveillé ensemble ! - Oui, mais ne le dites pas trop, ça ferait jaser. A la Pinède, quelques jours plus tard, Rémy n’était pas là puisque son bras l’empêchait provisoirement de travailler. Mais je me suis empressée de raconter notre histoire à ses collègues ! |
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Aïe aïe aïe ! |