La vie se goûte

à l’appétit de tous les jours
                      
      Marc LEVY

 

         Elle est la vedette du voisinage.

Elle est partout, fière et nonchalante, dans la rue, sur un arbre ou sur les toits.

         Elle a les yeux verts, son poil noir et brillant porte une tache blanche sur la gorge.

Parfois, elle saute sur la borne d’incendie, s’y assied et observe les alentours.

         Elle est la Chatte-Reine, elle aime qu’on l’admire.

Elle nous ignore, réservée, indifférente, puis soudain elle choisit l’un de ses sujets.

Aujourd’hui, c’est moi : elle s’approche, passe et repasse dans mes jambes, m’autorise à la caresser, la gratter… quel bonheur. Elle se frotte à mes doigts avec frénésie. Une minute.

Elle se reprend, retrouve sa dignité et s’éloigne fièrement dans les hautes herbes, me laissant heureuse et un peu frustrée.

         Oui, c’est elle la star de la rue.

La Chattereine

Ma rue arc-en-ciel

 

Le miroir de mon rétroviseur gauche est fendu en étoile. Voici des nuits et des nuits qu’une petite araignée lui rend visite…

en collègue ou en amoureuse ?

Têtue, elle tisse sa mini-toile avec ardeur, entre miroir et portière, puis elle s’en va, fière de son œuvre sans doute.

 

           Chaque jour, désolée, je pars, je roule et je détruis son ouvrage. Pardon ma belle ouvrière.

Araignée du soir, espoir

Impressions

Zone de Texte: Voici des petits bouts de vie tels que je les cueille
ici ou là, au gré du vent, au fil des jours... 
Zone de Texte: 	J’habite dans une rue en boucle avec des maisons jaunes, roses, ocre, beiges ou grises et de petits jardins fleuris. Des maisons gaies, des tristes, des maisons vieilles, des neuves, des appartements empilés et une maison en construction. Un terrain vague. Derrière chez nous un grand talus avec un bosquet.

	Mes voisins sont des enfants, des grandes personnes, des vieux, des gens de type européen et des gens de type arabe. Des sympathiques, des réservés…

	Dans le bosquet, un SDF a fait son nid. Il se cache des adultes mais dit bonjour aux enfants.

	Quand vient le jour, les étudiants déferlent avec leur sac. Des bruns, des blonds, des roux. Les uns ont la peau  sombre et les autres ont la peau claire. Ils discutent ou ils songent, ils sont timides ou rieurs. 
Je vois des groupes discrets de jeunes au teint mat où les filles portent le voile, d’autres au teint ambré et aux yeux bridés. Des Noirs à la démarche souple, des filles avec plein de petites tresses, qui jacassent vivement.

	Certains garent soigneusement leur petite voiture dans la courbe et tous se pressent vers l’université. La rue est  lors couverte d’autos de toutes les couleurs.

	C’est tout cela, ma rue arc-en-ciel.

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Le volubilis

           J'adore le volubilis.

J'aime sa luxuriance, sa façon d'escalader tout ce qui l’entoure, la générosité de ses enroulements vert émeraude, puis enfin la somptuosité de ses corolles indigo, qui s’ouvrent tout grand à la lumière et qui se recroquevillent paresseusement quand vient le soir.

Le volubilis prend, s’éprend et se donne sans retenue.

 

Cet hiver il séchera, il se déplumera, il disparaîtra…

                      ??? Que non !

L'été prochain il repartira à la conquête de son petit monde.

C’est son défaut : il est vraiment très envahissant.

Peinture à l’huile, artiste inconnu